Le choix des chaussures de vélos n’est pas forcément une priorité pour nous, cyclotouristes. En effet, contrairement à la course à pied, nous avons l’impression que le primordial est le confort de la selle puisque le vélo fait parti de la catégorie des sports portés.

Malheureusement, si être bien assis sur un vélo est important, être bien chaussé l’est tout autant. Explications.

1. Généralités

Le vélo est un sport porté à la différence de la course à pied. Qu’est-ce qu’un sport porté ? Il s’agit d’un sport où le poids du corps est « porté » par un véhicule, en l’occurrence pour nous cyclistes, le vélo tandis que pour le running, le poids du corps est directement supporté par le coureur.

Différences fondamentales car pour le cyclisme, il existe plusieurs surfaces de contact entre le cycliste et sa machine alors que pour la course à pied, il n’y en a qu’une (et non des moindres, nous vous l’accordons : les pieds).

En observant un cycliste, nous pouvons visuellement en dénombrer au moins trois :

  • le postérieur avec la selle
  • les mains avec le cintre
  • les pieds avec les pédales.

Même si nous convenons tous que l’achat d’une bonne selle est primordial pour le confort sur longue distance, il faut également savoir que le confort des pieds l’est tout autant.
En effet, regardons de près une pédale. La surface de contact entre le pied et la pédale est extrêmement restreint, quelques centimètres carrés au maximum, ce qui fait que la transmission de la puissance ne s’effectue que sur cette minuscule surface (minuscule à l’échelle du corps !).
Sachant qu’il faudra pendant des heures appliquer une force verticale sur ce petit replat, cela nous fait prendre conscience que le choix de la chaussure est important pour ne pas finir tous les parcours au « moral ».

Passons donc au décorticage d’une paire de chaussure…

2. Anatomie d’une chaussure

La chaussure de cyclisme est composée de plusieurs parties (comme toutes les chaussures du monde, nous direz-vous !). Certes, mais il faut prendre en compte les spécificités de chaque élément pour trouver LA perle rare qui feront que vous aurez l’impression de mettre des chaussons… ou pas…

2.1. La tige

La tige est en réalité l’extérieur de la chaussure. C’est ce que l’on voit, pour simplifier la chose.

Généralement constituée de cuir pour les modèles haut de gamme, ceux de milieu de gamme lui voient attribuer des matières synthétiques comme le Mesh ou le Lorrica. La qualité et le confort découlent bien entendu de la matière utilisée mais également de l’emplacement des pièces de tissus, la forme de celles-ci, etc…

Vous verrez dans les catalogues qu’il est possible d’avoir une tige thermoformable, c’est-à-dire qu’après un passage de 15-20 minutes à 60°C (en général), elle pourra prendre la forme exacte du pied du cycliste pour un meilleur confort.

2.2. La semelle externe

Là encore, ne vous perdez pas dans la multitude de choix disponibles.

En fonction du budget, vous trouverez différents matériaux : le carbone (haut de gamme) ou des matières synthétiques (pour les milieu de gamme et entrée de gamme).

Parmi les critères à prendre en compte, nous pouvons noter :

  • La rigidité : une semelle carbone est plus rigide qu’une semelle dite standard, ce qui peut entraîner des échauffements sous la plante des pieds pour ceux qui ne sont pas habitués,
  • La ventilation : certaines marques font en sorte que leurs semelles soit très ventilées (par un trou généralement situé sur l’avant de la semelle), c’est le cas des Scott, Shimano, Specialized, etc…
    D’autres sont peu ou pas ventilées : Sidi, Northwave, etc…
  • La forme : attention, point délicat. La forme de la semelle extérieure détermine la cambrure, c’est ce qui permettra à la chaussure d’épouser la forme de votre pied. Point à vérifier lors de l’essayage ou gare aux petits désagréments,
  • La présence de tampons de marche : qui permettent, si vous avez crevé, de pouvoir marcher un peu sans attaquer la semelle proprement dite (sur les haut de gamme, ils peuvent être remplaçables),
  • La fixation des cales : là aussi, méfiance. Si la plupart sont compatibles avec les cales à 3 vis (Look, Time, Shimano), elles ne proposent pas toutes la possibilité de fixer des cales à 2 vis (Speedplay) ou 4 vis (ancienne SPD).

2.3. La semelle interne

Elle présente aussi des avantages pour le confort sur le vélo. Vérifiez donc la présence de maintient de la voûte plantaire (modèle de milieu de gamme) mais aussi de la ventilation (agréable pour l’été et l’hiver) et son épaisseur.
Certains modèles proposent même deux semelles avec la paire de chaussure.

2.4. La languette

La languette, petite bande de tissus venant recouvrir le cou-de-pied, peut être néfaste pour le cycliste et quelques précautions sont donc à prendre en compte.
Regardez la finesse et le galbe de la languette, il faut qu’elle s’ajuste à votre pied sans avoir de « point dur » qui pourrait être source de problème une fois sur le vélo.
Essayez de voir avec le vendeur si il a eu des retours concernant la tenue latérale de la languette En effet, rien de plus désagréable que de sentir la languette glisser sur la gauche ou la droite durant la sortie.

2.5. Le serrage

Aïe aïe aïe… Grand moment de solitude quand il s’agit de faire le choix du système de serrage. Sachez qu’il en existe (pour le moment !) trois et que nous allons les passer en revue…

2.5.1. Les scratchs

Les scratchs sont les fermetures les plus utilisées par les fabricants. Simple et efficaces, ils assurent un bon serrage mais ils ont le souci de ne pas être progressifs.
Ils ont aussi tendance à vieillir avec les assauts de la météo et donc de ne plus aussi bien faire leur office.

2.5.2. Le serrage micrométrique

Pour sa part, le serrage micrométrique est effectué par une languette plastique composée de crans que l’on passe dans un système de blocage. Caractéristique par le bruit de cliquet à la fermeture, ce système a l’avantage d’offrir une réglage plus précis et donc de pouvoir réguler la pression si l’on a le pied qui gonfle en cours de sortie par exemple.

2.5.3. Le serrage rotatif (ou boa)

Système haut de gamme par excellence, le serrage est effectué par un fil de kevlar (ou autre) passant dans un mécanisme type roue. Il permet un serrage uniforme sur le cou-de-pied et un ajustement précis même en roulant.
A préconiser si l’on a déjà eu des soucis avec ses chaussures.

Fermeture par micromètre et boa.

3.Des problèmes liés à un mauvais chaussant

Puisque vous savez à peu près tout sur la chaussure de cyclisme à présent, il faut savoir qu’il peut exister quelques désagréments en cours de sortie.

Pour le vivre en ce moment, je me permets de vous faire part de mon expérience.

En général, un souci commun à beaucoup de cycliste est l’engourdissement des pieds où l’on commence à ne plus sentir ses doigts de pieds comme si l’on avait des fourmis. Je ne vais pas détailler toutes les raisons possibles mais la principale restant un mauvais choix de chaussures.
Une chaussure trop serrée ne permet pas le retour sanguin vers le haut du corps et donc le sang s’accumule au niveau du pied d’où engourdissement. Pour vérifier un autre point, il suffit, lors de l’apparition de ce symptôme, de s’arrêter et de faire quelques pas. On s’aperçoit alors que cela revient à la normale. C’est tout à fait normal car en marchant, nous « enroulons » le pied ce qui favorise le retour sanguin or sur le vélo nous n’avons pas ce phénomène d’enroulement donc possibilité de mauvais retour sanguin… CQFD… Ceci n’est pas forcément la solution miracle à ce type de problème mais un début de piste pour que vous puissiez trouver la bonne solution si vous souffrez de ce problème.

Nous sommes à l’écoute de toutes les expériences et vos retours sont utiles. Nous vous proposons donc de mettre en avant vos commentaires à ce sujet.

Vous avez une partie des cartes en main pour faire un début de bon choix…